06 janvier 2009

De l'amour entre les petits chatons et les dinosaures (1e partie)

Je sais que tu es déçu(e) par les histoires d'amour, lecteur et lectrice adorée (et surtout toi, là-bas au fond, qui est vraiment très très déçue…).

Que tu en as marre, que tu penses que tout ça n'est une vaste supercherie, destinée à faire marcher l'industrie de la fringue (élégante, affriolante, coquine…), du voyage (coquin, secret, de noces…) et de la bague (de pacs, fiançailles, et plus si affinité et/ou inconscience et/ou naïveté sur la nature humaine…).

Et pourtant, si comme moi tu étais le témoin de cette formidable histoire d'amour entre un petit chaton et un dinosaure, tu saurais qu'il reste un espoir, que l'amour se niche dans les plus étranges et improbables recoins du quotidien...



Tous les jours depuis un an et des poussières , je passe dans mon bus 31 devant une petite maison aux volets rouges, sur le bord de la route, en face de l'école d'infirmières.

Il y a un an, sur l'une des fenêtres, il n'y avait qu'un petit chat (en peluche) qui regardait mélancoliquement la route.

Le petit chat de la solitude.
Le petit chat du désespoir...


Un matin, sur le bord de la fenêtre, est apparu un petit dinosaure en plastique
.

Pas le plus canon des dinosaures, pas le plus sexy ni le plus malin.
Mais un dino sympa, genre tyrannosaure aux grandes dents mais au cœur tendre.
Qui semble cacher un profond désespoir sous son éternel et carnassier sourire… (si vous étiez une espèce disparue, vous ne seriez pas désespéré, vous ?)


Au début, pendant au moins quatre semaines, le petit chat lui a tourné le dos.
Façon "Désolé monsieur, ma maman m'a apprit à ne pas parler aux archosauriens dans la rue !".

Puis cédant à une curiosité naturelle, le chaton s'est retourné.
Timidement.
Mais c'était un premier signe d'intérêt.
Le dinosaure en a profité pour se rapprocher de quelques pas.

Le mois suivant, ils étaient quasiment museau à naseaux.
Tous les passants pouvaient deviner qu'il y avait quelque chose entre eux, comme une sorte de tension dans l'air…

Et pourtant, à la nuit tombée, lorsque les volets clos nous empêchaient de voir leurs expressions, on devinait qu'ils s'interrogeaient, en leur fort intérieur de plastique et de coton.

"Et si c'était une bêtise ?
Nous sommes si différents l'un de l'autre…
Il va me manger tout cru, les dinosaures ne font qu'une bouchée des petits chats mignons…
Elle finira par partir, les petits chats finissent toujours par quitter les dinosaures…"

Et puis un jour, c'est arrivé.
Personne ne sait comment.
Personne ne sait ce qui les a incités à mettre de côté leurs craintes, leurs idées préconçues.
Ils se sont aimés, à la manière des dinosaures et des petits chats…
Et je me suis éloigné, sur la pointe des pieds, discrètement...


Aujourd'hui, ils sont toujours ensemble…
Enfin, je crois…
Enfin, c'est compliqué…


Après tout, qui suis-je pour juger de la manière dont les dinosaures et les petits chats mènent leur vie de couple ?…


A toi, lecteur et lectrice adorée ! (Oui, même toi là-bas au fond ! Surtout toi, à qui j'ai raconté l'histoire en avant première !).

D'après toi, qui a imaginé tout cette facétieuse aventure sur le rebord de sa fenêtre ?

Le Chef, mon ami et colloc', pense à une étudiante amoureuse qui envoie des messages à un admirateur secret.

Personnellement, j'ai parié pour une mamie pleine d'imagination et qui trompe son ennui en se racontant des sagas sentimentales avec les peluches de ses petits enfants…

L'un de mes étudiants, là-bas au fond, ne jure que par l'hypothèse "C'est une psychanalyste qui vit avec un paléontologue"…

A votre avis ?

9 commentaires:

LAH a dit…

et il faut le prendre au premier degré ?

cosmologiste a dit…

Le chat représente le propriétaire des peluches. La probabilité que le propriétaire soit plutôt LA propriétaire est de 99%. La probabilité que cette personne soit célibataire, séparée, divorcée, ou veuve est également de 99%.
Mais tout ça je le sais grâce à l'enseignement de l'inspecteur Derrick.
Moi je pense qu'il s'agit de la concierge de l'école d'infirmière ou d'une de ces formatrices "vieilles filles" dont l'école doit être truffée (sinon ce n'est pas une vraie école d'infirmière).
Sur la photo, il n'y a pas un mais plusieurs dinosaures. Seraient-ce les enfants ou d'autres prétendants ?
Je ne sais pas à qui appartiennent ces peluches, mais ce qui est sûr c'est que toute l'interprétation que tu en fais provient bien de ton amas de neurones et d'émotions à toi.

Filipe a dit…

@lah : bah, comme tout ce que je dis ou fait dans la vie...

@cosmologiste : ce n'est pas la bonne solution, mais c'est très bien vu ! A tous les niveaux ! ;-)
(et aucun de mes lecteurs adorés n'imagine à quel point je suis fier d'avoir un commentaire de cosmologiste sur mon blog !!!)

cosmologiste a dit…

en fait j'étais influencée par ce que tu as écrit. mais maintenant avec le recul je me dis qu'il s'agit tout simplement d'un enfant qui a disposé ses peluches sur le rebord de sa fenêtre.

Isbjorn a dit…

Finalement, certains arrivent peut être à vivre des histoires d'amour de manière simple...

J'aime beaucoup ce texte, à la fois réel et qui pourrait aussi s'interpréter de façon symbolique.
Comment fais tu pour si bien jouer avec les mots?

J'attends avec impatience la suite évoquée par le titre.

Filipe a dit…

@isbjorn : Merci du compliment, l'Ours Polaire, même si je ne suis pas aussi enthousiaste que toi sur ma capacité à jongler avec les mots...

Et sur le "comment"... le manque de sommeil et un état permanent de confusion mentale sont mes principaux outils de travail.. pour le reste, j'écoute et je regarde les gens.
Mes étudiant(e)s, qui piquent du nez en cours ou m'attrapent en flagrant délit de beuverie dans un bar grenoblois...
Les gens dans le bus, dont je ne peux m'empêcher d'imaginer la vie et les bonheurs responsables d'un si joli sourire...
Les mamies dans les salons de thé et les cafés, dont les yeux pétillent d'une malice que j'envie...
Et les gens derrières les fenêtres, qui s'amusent avec des petits chats et des dinosaures... Et dont je parlerai plus longuement dans le prochain article ! ;-)

Don Fenice a dit…

Je pense que cette histoire sort de l'esprit d'un PUAsaurus (bien que le mot dynosaure soit un peu fort) qui nous explique comment il a rencontré puis c'est lié de sentiments pour une étudiante (infirmière) entre 2 arrets de bus. non ?

Filipe a dit…

Sans le savoir, et indépendamment de cet article, tu as mis pile dans le mille, le Don !

Fort... très très fort...

Don Fenice a dit…

A ton service mon ami ;)